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Difficile de faire l'Histoire d'un pays qui n'a pas d'Histoire ! Peu de
personnages célèbres, pas de batailles, de monuments imposants, ... Tout aussi
pauvre, l'étude de celle des villages voisins permet seulement de recouper
certaines informations, mais guère d'en apprendre plus. Il est alors nécessaire
d'étudier l'histoire des villes les plus proches, Besançon et Baume-les-Dames,
et de la replacer dans le contexte de Laissey.
Sommaire :
Peu d'informations existent sur cette période de Laissey. Seule la présence
d'une pierre taillée, visible au Musée des beaux arts de Besançon, atteste d'une
présence humaine à cette période. Cependant, il est impossible de déterminer si
une communauté était présente à demeure ou si quelques individus séjournaient
régulièrement sur les bords du Doubs et s'approvisionnaient en poissons avant de
repartir vers leur tribu sur les plateaux. Les peuplades de cette époque
agissaient souvent par opportunisme suivant les bienfaits que pouvaient leur
apporter un lieu.
50 000 ans avant notre ère, durant la période du paléolithique moyen,
le passage de chasseurs-cueilleurs a été attesté à Besançon. Peut-être certains
groupes ont-ils cheminé le long de la vallée du Doubs et donc transité par
Laissey ?
De même, cette vallée étant un site idéal de peuplement par la présence d'eau en
abondance et de forêts, des traces d'habitat datées de 4 000 ans
environ avant Jésus-Christ ont été révélées par des fouilles au pied des
collines de la Roche d'Or et de Rosemont, toujours à Besançon. En était-il de
même à Laissey ?
La période protohistorique
En Europe occidentale, la protohistoire désigne la période postérieure à la
préhistoire et antérieure à l'histoire. Elle démarre au néolithique et se
poursuit durant l'âge du bronze et l'âge du fer.
Ce n'est que très récemment, en 1985, 1986, 1991 et 2001, que des opérations de
prospection ont été menées dans la région de Laissey, notamment au sommet du
mont Souvance là où se trouve actuellement une croix. Elles révélèrent un camp
protohistorique de 19 300 m2 délimité par un mur en pierres
sèches.
Les éléments lithiques et les tessons de céramiques découverts en surface
confirment une occupation dès le néolithique, puis à l'âge du bronze et à l'âge
du fer.
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En 2001, des recherches à l'aide de détecteurs de métaux dans les pentes autour
du site permirent la découverte de 3 416 objets et fragments d'objets de
toutes époques et tout particulièrement du bronze final et du premier âge du
fer, notamment un morceau de bracelet du bronze final au pied du mont Souvance.
Le site se révèle tout à fait exceptionnel. En effet, pas moins de 205 fibules,
ancêtres des épingles à nourrice, datant de l'âge du fer jusqu'à la période
gallo-romaine ont été trouvées. Par le nombre des fibules découvertes, le site
du mont Souvance se place comme le deuxième site européen, derrière le site de
la Heuneburg en Allemagne (environ 460 fibules) et à égalité avec le site de Vix
en Côte-d'Or (environ 200).
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![[Fibule]](Photos/Fibule.jpg)
Exemple de fibule.
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Des prospections complémentaires réalisées sur le pic d'Aigremont, faisant face
au mont Souvance, permirent la découverte de divers petits objets datant de
l'âge du bronze.
Qu'en conclure ? Dominant la vallée du Doubs et lieu de vigie, le site de
Souvance était très certainement un site occupé par quelques familles ou
quelques guerriers. En effet, la découverte de ces nombreux objets et fragments
suggèrent une occupation organisée de l'ensemble du site. De plus, la présence à
proximité de l'eau et de la forêt leurs apportaient toute la nourriture dont ils
avaient besoin.
Les prémices du village de Laissey ne se trouvaient peut-être donc pas où il se
situe actuellement, mais dans la montagne, en haut du mont Souvance.
La conquête de la Gaule par Jules César
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Au IIème siècle avant notre ère, la Franche-Comté était la possession
des Séquanes, l'un des peuples gaulois qui contrôlait un vaste territoire
s'étendant entre le Rhône, la Saône, le Jura et les Vosges.
Vesontio, l'actuelle Besançon, était alors le centre économique de la Séquanie.
Occupée en 59 avant Jésus-Christ par Arioviste et ses Suèves, puis par les
Eduens, Jules César en fit la conquête en 58 avant Jésus-Christ.
Il faut se référer à ses écrits et notamment à son ouvrage de référence
Commentaires sur la Guerre des Gaules - Livres I et V, pour se faire une
idée de ce que pouvait être Laissey à cette période.
Après la conquête de Vesontio, il décida de poursuivre sa conquête de la Gaule
vers le nord pour s'emparer de la totalité de la Séquanie et repousser
définitivement les Germains, commandés par Arioviste et venant des bords du
Rhin.
A l'annonce de cette nouvelle, ses troupes prirent peurs. En effet, la région
s'étendant de Besançon à Montbéliard était couverte de forêts et de marais et la
rendait très difficile d'accès. La terreur des soldats romains était amplifiée
par les récits sur la force et le courage des combattants Germains. Utilisant
les rares sentiers existants, il fallut sept jours à Jules César et à ses hommes
pour atteindre Montbéliard et se heurter à ses ennemis dans une bataille
sanglante dont il sortit vainqueur.
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La région n'étant guère accueillante, il ne vit (et incendia !) que quelques
fermes isolées. Bâties en terre glaise et recouvertes de chaume, elles se
trouvaient systématiquement au sommet d'une colline ou près d'un point d'eau. Il
ne traversa (ni n'incendia !) aucun village tout au long de son parcours.
Jules César a-t-il passé voire séjourné à Laissey ? Il y a peu de chance que ce
soit le cas, même s'il passa tout près. En effet, la route que lui et ses
troupes empruntèrent était sans doute les prémices de l'une des quatre fameuses
voies romaines de la Gaule, la Via Agrippa, que le général Agrippa, sous
le règne de l'Empereur Auguste, fit réaliser. Celle du Rhône au Rhin quittait
Vesontio vers l'actuel quartier Palente, puis passait par Thise,
Roche-lez-Beaupré, Les Longeaux, Roulans (à 2,5 km de Laissey), Luxiol,
Pompierre, Rang et ce jusqu'à Mandeure. De Besançon à Roulans, il est
intéressant de noter que le tracé de l'ex-route nationale 83, actuelle route
départementale 683, se superpose à peu de choses près à cet ancien axe romain.
![[La voie du Rhône au Rhin]](Images/Voie du Rhin.jpg)
La voie romaine du Rhône au Rhin, de Vesontio (Besançon)
à Epomanduodorum (Mandeure) via Loposagium (Luxiol).
Le récit de Jules César dans ses annales militaires permet de tirer quelques
conclusions sur l'environnement de Laissey. La région n'était donc que très peu
habitée et aucun regroupement de maisons n'existait. Par conséquent, il est
possible qu'une ferme soit présente au bord du Doubs ou en haut du mont
Souvance. En effet, au cours des recherches effectuées, 99 deniers républicains
ainsi qu'un dépôt monétaire constitué de 104 deniers romains des
IIème et Ier siècles avant notre ère accompagnés de clous
d'un probable coffret ont été découverts. Ainsi, si la région était hostile,
elle n'en était pas moins modestement habitée ou parcourue par des voyageurs.
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Impressionné par le site stratégique de Vesontio, et notamment par la
possibilité d'y établir une citadelle militaire, Jules César lui confirma son
rôle de capitale de la Séquanie et de carrefour d'échanges de la Gaule romaine.
La ville connut alors un âge d'or et devint l'une des plus grandes villes de la
Gaule belgique puis de la province de Germanie supérieure. Elle compta jusqu'à
2 000 habitants, ce qui peut prêter à sourire face aux 120 000
habitants actuels...
Vesontio ne fut pas la seule à profiter de l'influence romaine. Naguère hostile,
la construction de la route du Rhône vers le Rhin en 39 et 38 avant notre ère
désenclava toute la région et permit son développement en quelques années
seulement.
Ainsi, on retrouve de nombreuses traces d'habitat datant de cette période à
Laissey. Les recherches récentes en haut du mont Souvance permirent de découvrir
de nombreux objets :
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- des fibules romaines ;
- un sesterce datant de l'époque flavienne (69 - 96) ;
- un sesterce datant de l'Empereur Lucius Aelius Aurelius Commodus (180 - 192) ;
- un sesterce datant de l'Empereur Caracalla (211 - 217) ;
- un sesterce datant de l'Empereur Maximin le Thrace (235 - 238).
Sans aucun doute, les Romains continuèrent à faire du mont Souvance un lieu de
vigie privilégié pour surveiller toute la vallée du Doubs. Peut-être par la
présence d'un poste militaire avancé destiné à protéger Vesontio ?
En 1990, une prospection aérienne permit de mettre au jour les traces d'une
ancienne villa gallo-romaine sous l'actuel terrain de football. En 1995, de
nouvelles photographies permirent la découverte de nouveaux bâtiments. De même,
dans le village voisin de Deluz, on note les traces d'une très ancienne route
qui permettait de relier la vallée du Doubs à la voie romaine présente sur le
plateau au lieu dit Les Longeaux ainsi que la présence d'une villa dans le sud
de Deluz.
![[Villa gallo-romaine]](Photos/Villa Laissey.jpg)
Villa gallo-romaine sous l'actuel terrain de football (P. Augé).
Les villaes démontrent une forte romanisation des campagnes. Elles
étaient très nombreuses dans la vallée du Doubs et de l'Ognon (près d'une
cinquantaine). Cependant, il ne faut pas confondre les pars urbana,
luxueuses et confortables demeures qui se trouvaient dans les villes, aux
pars rustica du milieu rural. Celles de Laissey et ses consoeurs
n'étaient en fait que des fermes, parfois de conception rudimentaire, parfois de
type italien pour les moins rustiques. Elles étaient chargées d'approvisionner
Vesontio en céréales et en bétails.
![[Détail de la villa gallo-romaine]](Photos/Detail villa Laissey.jpg)
En rouge, détail de la villa gallo-romaine sous l'actuel terrain de football.
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C'est en 2001 que la municipalité décida de doter la commune d'un blason dans le
but d'agrémenter quelque peu les documents officiels de la
mairie.
M. Yves Dornier, 3ème adjoint, s'attela à la tâche et, après la
présentation de différents projets, c'est le blason ci-contre couleurs or, de
gueules, argent et sable qui fut retenu (respectivement jaune, rouge, blanc et
noir).
Trois éléments évoquent différents symboles forts du village :
- le pont rappelle le pont suspendu qui permettait de traverser le Doubs
entre 1876 et 1914 ;
- les couleurs rouge et jaune rappellent les couleurs du maillot de
l'équipe de football qui faisait vibrer les foules entre les années 1950
à 1980 ;
- la tenaille rappelle le fabricant de pinces Bost, toujours en activité.
Si le résultat est convaincant, deux reproches peuvent tout de même être émis.
Le premier concerne la forme des mors de la tenaille par rapport à l'ouverture
des branches qui n'est aucunement réaliste. Ils devraient être légèrement
refermés.
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La seconde remarque concerne le hauban central du pont suspendu qui, dans la
réalité, n'était pas rectiligne, mais composé de deux haubans fixés d'un côté
à un pilier et de l'autre au centre du tablier.
Évolution démographique de 1657 à 2007
Au dernier recensement, qui eut lieu en 2007, Laissey comptait 437 habitants,
soit une densité de 153 habitants/km².
La lente érosion du nombre d'habitants s'est maintenant stabilisée. Cela est dû
à la fois à l'apparition du nouveau lotissement ainsi qu'aux prix de l'immobilier
trop élevé près de Besançon. Un grand nombre de personnes se rabattent sur les
villages un peu plus éloigné de la ville afin de retrouver des prix décents. Et
encore, tout est relatif !
Depuis 1657, 28 recensements ont été effectués, soit une moyenne de 351
habitants/recensement.
Le plus petit nombre d'habitants recensé est de 89 en 1688, le plus grand est de
586 en 1926.
| année |
nb. habitants |
différence |
commentaires |
| 1657 |
97 |
- |
Réalisé sur ordre des Princes du Comté de Bourgogne.
Détail : 18 hommes, 19 femmes et 60 enfants (17 feux). 12 chevaux, 18
boeufs, 20 vaches, 6 veaux, 40 moutons et 14 porcs.
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| 1688 |
89 |
- 8 |
Détail : 19 hommes, 17 femmes et 47 enfants y compris 3
valets et 3 servantes (15 feux et 14 maisons). 6 chevaux, 12 boeufs,
21 vaches, 29 moutons et 16 porcs.
|
| 1755 |
124 |
+ 35 |
|
| 1789 |
100 |
- 24 |
Détail : 28 feux.
Sur ces 28 chefs de famille, 23 se réunirent en assemblée générale en
mars 1789 pour établir leur cahier de doléances demandé par le baillage
de Baume-les-Dames en vue des futurs Etats généraux du 5 mai 1789.
|
| 1801 |
173 |
+ 73 |
Détail : 60 feux et 32 maisons.
Forte activité du moulin qui, en ruines depuis des décennies, a été
entièrement rénové à la Révolution. Il comprend, dès l'An IV (1796),
quatre tournants à blé et emploie une bonne vingtaine de personnes
(meunier, ouvriers, charretiers, ...).
|
| 1810 |
181 |
+ 8 |
|
| 1831 |
183 |
+ 2 |
|
| 1851 |
188 |
+ 5 |
|
| 1856 |
223 |
+ 35 |
Exploitation des mines de fer à partir des années 1850.
|
| 1861 |
270 |
+ 47 |
Construction de la ligne de chemin de fer (1856-1858) et
installation d'une usine de tissage employant une trentaine de personnes
(surtout des femmes).
|
| 1872 |
219 |
- 51 |
|
| 1875 |
270 |
+ 51 |
Mise en place d'une politique de "grands travaux" :
construction du pont suspendu et du chemin départemental C.D. 30 avec
ses deux tunnels, doublement de la ligne de chemin de fer et
prolongation du canal du Rhône au Rhin.
|
| 1891 |
273 |
+ 3 |
|
| 1901 |
401 |
+ 128 |
Installation et développement de l'usine Bost Frères,
implantée à la place du moulin et de l'usine de tissage.
|
| 1911 |
545 |
+ 144 |
Construction d'un nouveau pont à la place du pont suspendu.
|
| 1921 |
536 |
- 9 |
|
| 1926 |
586 |
+ 50 |
Le point culminant du nombre d'habitants à Laissey.
|
| 1931 |
531 |
- 55 |
|
| 1937 |
447 |
- 84 |
Crise économique des années 30 : la plupart des familles
venues d'ailleurs partent du village à la recherche de travail.
|
| 1946 |
496 |
+ 49 |
Baby-boom dû à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
|
| 1954 |
563 |
+ 67 |
Construction d'environ 50 maisons individuelles et
création de deux salles de classe.
|
| 1962 |
545 |
- 18 |
|
| 1968 |
545 |
0 |
|
| 1975 |
504 |
- 41 |
La longue chute commence.
|
| 1982 |
497 |
- 7 |
|
| 1990 |
399 |
- 98 |
98 habitants en moins en huit ans !
|
| 1999 |
416 |
+ 17 |
|
| 2005 |
432 |
+ 16 |
Construction du lotissement.
|
| 2007 |
437 |
+ 5 |
|
Liste des maires de 1806 à aujourd'hui
Au total, dix-huit maires se sont succédé à la tête de la commune de Laissey. Le
mandat le plus long fut celui de Pierre Simon, d'une durée de vingt-cinq ans
(1806-1831).
| période |
nom |
|
période |
nom |
| 1806 - 1831 |
Pierre Simon |
|
1929 - 1940 |
Louis Girardet |
| 1831 - 1846 |
Jacques Corotte |
|
1940 - 1942 |
Louis Courtot |
| 1846 - 1853 |
Clément Simon |
|
1942 - 1945 |
Jacques Bost* |
| 1853 - 1872 |
Jean-Baptiste Corotte |
|
1945 - 1951 |
Gustave Robert |
| 1872 - 1876 |
Jean-Claude Courtot |
|
1951 - 1975 |
Emile Racine |
| 1876 - 1900 |
François Gentelet |
|
1975 - 1977 |
Joseph Julienne |
| 1900 - 1920 |
Emile Bost |
|
1977 - 1989 |
Henri Sainthillier |
| 1920 - 1926 |
Félicien Marche |
|
1989 - 2008 |
Yannick Dessent |
| 1926 - 1929 |
Marcel Bost |
|
depuis 2008 |
Dominique Mesnier |
* Président de la délégation municipale
Accident ferroviaire d'un train de voyageurs du 11 avril 1930
Un terrible accident ferroviaire d'un train de voyageurs eut lieu le vendredi 11
avril 1930, entre le tunnel ferroviaire et le passage à niveau actuels, et fit
huit morts, quarante blessés graves et des blessés légers. L'article reproduit
ci-dessous, paru dans un journal du samedi 12 avril 1930, relate les faits.
Huit morts à Laissey
Ignorant le passage du convoi, une équipe d'entretien avait
entrepris de changer... les traverses de la voie !
Le 11 avril 1930 à 09H05, M. Billaud assisté du chauffeur Chatêt (les
deux de Besançon), aux commandes de sa locomotive, emmène un convoi de
34 wagons, 580 tonnes, lancé a 60 km/h. Des réservistes du 35ème
R.I. de Belfort, du 152ème R.I. de Colmar et du 4ème
B.C.P. de Neuf-Brisach rentrent à la maison après une période
d'instruction au camp de Valdahon.
A 200 mètres de la gare de Laissey, côté Belfort, une courbe assez
prononcée et un tunnel : c'est là que le train fonce vers la voie
dépourvue de rails. La machine se couche, arrache le ballast avant de
s'écraser contre la muraille. Les wagons en bois s'encastrent les uns
dans les autres et éclatent comme des boîtes d'allumettes.
Vision de cauchemar. Très vite on dégage huit morts et des dizaines de
blessés graves : toutes les victimes appartiennent au 4ème
B.C.P. Les cadavres sont alignés sur le ballast et les blessés, une
quarantaine, souvent mutilés, reçoivent les premiers soins des officiers
et hommes de troupes sortis indemnes des wagons de queue intacts.
Les obsèques seront célébrées le 14 avril à Besançon dans la chapelle de
l'hôpital Saint-Jacques. Toute la ville porte le deuil. M. Georges
Pernot, député du Doubs et ministre des Travaux Publics, sera présent
aux côtés du Maréchal Pétain et du cardinal Binet.
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Un article de presse du mardi 29 juillet 1930 rend compte du jugement prononcé
par le Tribunal du Doubs. On notera la célérité de l'enquête.
L'accident de chemin de fer de Laissey
Besançon, 28 juillet. Le Tribunal du Doubs a rendu son jugement dans
l'affaire de l'accident de chemin de fer de Laissey. Le cantonnier Cappi
a été condamné à six mois de prison et 300 francs d'amende pour avoir,
par l'inobservation du règlement, provoqué le déraillement du train
militaire. Le cantonnier-chef Puncet, qui n'aurait pas dû confier la
surveillance des travaux au cantonnier Cappi s'il avait respecté les
instructions données, a été condamné à un mois de prison et à 100 francs
d'amende.
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Quelques photographies de l'accident :
Témoignage anonyme :
![[Carte postale]](Images/Temoignage.jpg)
Verso d'une carte postale écrite par un témoin anonyme (date inconnue).
Oui, j'ai vu les malheureux réservistes mutilés, la tête enlevée, le ventre
ouvert, bras et jambe tombés, un la pipe enfoncée dans la gorge, mort en
l'apportant du train.
Hélas, quelles choses j'ai vues ! J'ai été malade, comme beaucoup d'autres. J'ai
rendu mon dîner. C'était à cent mètres de la maison où nous étions entrain de
déménager. Quel remument (sic) ces cris désespérés.
Les autos de tout côté arrivaient, les femmes, parents, tout le village était
transformé en hôpital et tous les gens des usines étaient infirmiers. Couverts
par une paillasse et de l'eau de vie : c'est ce qu'ils ont bu avant de mourir
les pauvres malheureux.
Bibliographie et crédits photographiques
- Commentaires sur la Guerre des Gaules, livres I et V (Jules
César, 58 à 50 avant Jésus-Christ).
- Histoire de Deluz et Laissey (abbé Claude Gilles, 1968).
- La Franche-Comté au temps des Archiducs Albert et Isabelle (Paul
Delsalle, Presses universitaires de Franche-Comté, 2002).
- Carte archéologique de la Gaule - Le Doubs et le Territoire de
Belfort (Lydie Joan, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,
2003).
- ensemble des articles concernant
l'histoire de Besançon sur Wikipédia ainsi que tous ceux concernant
divers éléments ou faits historiques.
- Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
- articles du quotidien L'Est Républicain.
- articles des bulletins municipaux.
- crédits photographiques : droits réservés pour les ayants droit non
identifiés.
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